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  Histoire d'éleveurs : Famille Meunier

L'entretien :

Je m'appelle Vanille et je suis une jument comtoise de 14 ans.
Née chez Adrienne et Maurice Meunier, je descends d'une bonne lignée.
Je suis la petite fille de Jolie Fleur et de National primé premier à Maîche.
Sérénade, ma mère, est sortie 1er à Blamont et mon père Quillou des Haras Nationaux a gagné le championnat de France d'attelage en 93. Mais c'est Coquette, achetée en 1957, qui est à l'origine de ce cheptel car il faut dire que je cohabite avec 5 autres juments et une dizaine de poulains.
A Blamont, puis à Maiche en 1994, je passe mes premiers "castings" où je finis toujours première. Le syndicat des éleveurs me désigne pour aller au SALON INTERNATIONAL DE L'AGRICULTURE. Quelle aventure!!! De quoi perdre la tête... Heureusement Maurice est là, sa présence me donne confiance.
Après une sélection rigoureuse, je décroche le 3ème prix. J'ai ma place sur le podium. Mais surtout j'assure ma descendance. Mes filles se classent à Besançon, mes garçons sont des reproducteurs. Mais celle dont je suis la plus fière, c'est Fleur du Lomont.
Les dernières volontés de la doyenne centenaire du village étaient de se faire accompagner à sa dernière demeure par l'ancien corbillard du village tiré par un cheval comtois. Jamais attelée, après quelques essais et la remise en état du corbillard, la cérémonie a pu avoir lieu grâce à elle. Mais il n'y a pas toujours des naissances heureuses. Suite à une septicémie, je perds mon poulain. Comme il avait tété quelques jours et que je suis une mère généreuse en lait, je souffrais énormément. Il a fallu me mettre au régime. Les soins prodigués comme les massages au saindoux finissent par me tarir.
Quelques jours plus tard, un pauvre petit poulain orphelin se colle contre mon flanc. Je le lèche, je le console, il commence à boire et je fais à nouveau une montée de lait. Je deviens volontiers sa maman adoptive. A en croire les humains, c'est une histoire de tendresse rarissime chez les chevaux. Pourquoi suis-je comme cela ? Je suis tellement aimée et cet amour là se redonne.

Maurice, il dit que je suis belle, que j'ai bon caractère, que je suis franche et docile et moi je crois tout ce qu'il me dit. Et puis nous avons tant de souvenirs ensemble... Je pense aux concours, aux poulinages, et même à des travaux de débardage en forêt que Fleur et moi avons assurés. Notre carrure imposante et notre force en ont étonné plus d'un.
C'est en 1982 que Martial reprend la ferme, les vaches en Gaec avec son père. Mais pas question de reprendre la jument. Drôle non quand on sait qu'il est devenu le vice président du syndicat des éleveurs de comtois ! Il s'essaye à l'attelage et laboure le jardin avec une charrue à mancherons comme à l'ancienne. Il dresse, il place, il participe au concours... finalement les chiens ne font pas des chats !!! Aucun copain, aucune herbe succulente ne me retiennent de prendre un galop quand je les aperçois venant me rejoindre dans ma pâture...
Elle me trotte dans la tête cette famille là.

 
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