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Histoire
d'éleveurs : Famille Monnot
L'entretien
:
Chevaux
de selles, chevaux comtois, peu
importe le sujet, il reste intarissable pour cette famille d'éleveurs.
C'est dans l'enfance des parents que l'on retrouve cette passion.
La mère : Depuis son plus jeune âge, elle conduisait un traîneau
attelé à la jument de la ferme, pour emmener les bouilles à lait au
lieu-dit de ramassage.
"Il fallait parfois retenir le cheval par la tête pour qu'il ne
glisse pas sur le verglas ni la neige." dit-elle.
Le père : Âgé de six ans, il s'occupait régulièrement
des chevaux. Alors qu'il sortait une jument de l'écurie pour lui faire
prendre l'air, elle sera réquisitionnée sur le champ par des soldats.
Que dira le grand-père ? Souvenir encore douloureux, mais qui déclenchera
la passion d'une vie. |
 "Avant
1970, le travail à la ferme se faisait avec les chevaux. Pour protéger
les yeux des branches, on leur mettait des oeillères. En Suisse, ils
n'en mettent pas.
Contre les mouches, un moyen tout simple : on brûlait de la bouse
de vache séchée pour enfumer les chevaux. Les queues étaient coupées
et tressées, ce qui mettait en valeur la croupe.
Je
me rappelle d'une anecdote : c'est ma femme qui conduisait souvent
la faneuse et notre jument comtoise qui s'appelait Sophie, s'arrêtait
vers moi dès qu'elle me voyait dans sa trajectoire. J'étais obligé
de la remettre à son travail, mais autant de fois qu'elle me voyait
dans sa ligne de mire, autant de fois elle s'immobilisait.
Elles sont toutes différentes, complices ou copines, ou alors impressionnantes
mais pas méchantes comme notre doyenne qui va fêter ses 20 ans. |
Elle
nous a donné 14 poulains. Justement, à propos de poulinage, il ne
faut pas croire que tout a été facile. Pour aider la jument à mettre
bas, il faut tirer le poulain vers le haut, contrairement aux vaches,
où justement, on doit tirer le veau vers le pis. Au début, nous
avons eu quelques difficultés, comme beaucoup d'éleveurs de comtois,
pour faire boire le poulain à la naissance.
C'est une particularité de la race : le poulain cherche la tétine
sur le flanc vers le haut. Il faut le guider, on y passe des heures,
c'est terrible !
Mais par la suite, on oublie tout, surtout lorsqu'on retrouve Rubis,
vendu à 6 mois, et qui est maintenant reproducteur au Haras de Cluny.
Il
y a aussi Quenotte, dressée par nos soins, qui remporta le premier
prix à la fête de l'agriculture pour avoir tirer une tonne.
Vivre avec le cheval est un besoin vital pour nous. Nous avons besoin
de les sentir vers nous. En plus des soins, nous passons les voir
souvent, avec une croûte de pain, pour les toucher , leur parler."
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