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  Le Musée de la Pince

La fabrication des pinces : les étapes

La fabrication proprement dite :

  • La première opération consistait à forger.
    Le forgeron ou forgeur s'approvisionnait en longues barres de fer ou d'acier au magasin de fer du patron. Il les coupait en bouts de 1,20 m. Il chauffait une extrémité de cette barre dans la fournaise.
    Il modelait chaque membre : écrasement de l'extrémité, perçage du fendu, confection des platines du simple, séparation du reste de la barre à l'aide d'une étampe ciseau.
    Avec chaque barre, le forgeur réalisait en général 3 fendus et 3 simples ; il fallait pour cela 3 ou 4 chauffes car il convenait de ne point trop chauffer le métal.
    Le forgeur fabriquait en premier les fendus afin de pouvoir tenir la barre entre ses jambes pour percer. Il forgeait des membres simples et fendus toute la journée.
    Le soir, parfois aidé d'un goujard ou frappeur, il allongeait les queues et avant de quitter sa forge, il enfouissait sa production quotidienne dans le feu de la fournaise, couvrait de houille et faisait fonctionner le soufflet pour attiser la flamme et faire rougir les membres. Ils allaient se refroidir lentement à l'abri de l'air au cours de la nuit, c'était le recuit qui diminuait la dureté du métal et devait faciliter le travail du limeur.

  • La deuxième opération consistait à limer pour préparer l'entrepassage.
    Le limeur s'emparait de ces membres recuits pour aménager, ajuster fentes et platines. Il s'agissait d'aplanir les surfaces, d'aviver les angles, de parfaire les lignes afin que l'accouplement soit parfait. C'était la préparation au maillage.

  • La troisième opération consistait à mailler.
    Le forgeur reprenait possession des membres accouplés. A chaud, la fente du fendu était d'abord agrandie à l'aide d'un ouvreur, ensuite le forgeur y introduisait le simple par le bec et refermait la fente au marteau. Cette opération qui a fait la renommée des pinces de Montécheroux se nomme le maillage.
    Le travail se poursuivait par l'écartement des branches à l'aide d'un ouvreur. L'acier à nouveau trop dur pour être travaillé à la lime devait subir un second recuit.

  • La quatrième opération consistait à poser un axe dans l'articulation.
    Après le recuit, le limeur pointait le trou, perçait à l'aide du tour, fraisait le trou, le crantait afin que l'axe ne puisse pas tourner et enfin posait ce dernier.

  • L'opération suivante consistait à meuler, c'est-à -dire à dégrossir la pince, faire disparaître le noir de la forge et à limer les parties inaccessibles à la meule.

  • L'opération suivante consistait à plier.
    Le recuit du forgeur permettait aussi au limeur de plier les branches à froid sur le plioir serré dans les mâchoires de l'étau. La pince était alors adoucie, c'est-à-dire polie à la lime douce. Serrée dans la mordache, elle était émenée ou alibrée, c'est-à-dire ouverte et refermée un grand nombre de fois non sans que le limeur ait fait couler dans la charnière un mélange d'huile et d'émeri.
    La pince fonctionnant désormais aisément, il convenait de lui donner sa dureté. C'est la trempe qui donne sa dureté au métal.
    La pince était chauffée sur du charbon de bois. Lorsque la température désirée était atteinte, la tête était plongée dans un bac de suif.
    Pour que la trempe ne rende pas le métal trop cassant, il fallait opérer le revenu. Pour cela, le trempeur chauffait à nouveau la pince modérément sur une plaque de tôle et lorsque l'œil averti avait repéré la bonne température à la couleur du métal, (teinte gorge de pigeon), le revenu était stoppé et la pince était plongée dans l'eau.
    Pour les pinces en fer, on pratiquait la cémentation ou forte trempe. On chauffait les pinces entassées dans un caisset et mêlées à du cément : mélange de suie. d'écorce de cacao et de cyanure.

  • Il ne restait plus alors, qu'à donner à la pince son aspect fini par le polissage. La pince était frottée contre la tranche du polissoir. Ce travail très salissant était en général réservé aux femmes.
    Pour améliorer encore la présentation de l'outil, on pouvait procéder au nickelage et au chromage ; la pince était prête, alors, à porter fièrement le renom de Montécheroux à travers le monde.



 
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